Hasselblad

 

la Flexbody Flexbody complète

 

           

 

Cette page est dédiée à l'utilisation de la Flexbody avec des films argentiques. Or cette mini-chambre a été avant tout conçue pour le "packshot" en studio avec des dos électroniques de format d'environ 4x4 cm. Elle est tout à fait utilisable pour l'argentique, mais les capacités de décentrement sont alors limitées, puisque les objectifs sont conçus pour couvrir le 6x6 en usage normal, sans plus.

   

prise en main

   

L'utilisation à main levée est absolument impossible.

Pour s'en servir , prévoir :

  • un pied / des poids pour l'alourdir (le pied ne doit pas bouger au cours des manoeuvres).
  • un objectif, un dos, un posemètre, un compendium
  • un viseur à 90° RMfx, si possible avec correcteur dioptrique à votre vue (bonjour la galère sans RMfx).

S'entraîner à vide (manipulations de l'obturateur et du volet de dos du type chambre)


 
  décentrer, ma non tropo  

En plein format 6x6 :

Flexbody: décentrement maximum
(haut ou bas) à l'infini à f 16 en mm
Objectif Données Hasselblad Mon expérience
40 mm aucun décentrement non testé
50 mm 5 mm 7 mm
60 mm 10 mm 12 mm
80 mm 10 mm non testé
100 mm 13 mm 13 mm
120 mm 15 mm non testé
135 mm / à tester
180 mm / à tester
250 mm 10 mm non testé

On s'aperçoit qu' Hasselblad annonce des limites prudentes.

Se méfier toutefois car il n'est pas facile de juger sur le dépoli du vignettage effectif : le cercle sombre semble n'apparaître dans le viseur qu'après qu'il ait empiété sur la pellicule. Aussi faut-il respecter le décentrement maximum annoncé.

Le 4,5x6 n'est bien entendu exploitable qu'en format horizontal .. dommage. Tout simplement le dos s'accroche en position horizontale ... et il n'y a qu'une direction de décentrement.

En 4,5x6 le décentrement utilisable s'accroît de 7 mm (distance entre le bord d'un 4,5x6 et le 6x6 qui sont en réalité des 41x55 et 55x55 mm). Avec un 60 mm, l'horizon est donc inscriptible 7 ou 8 mm au dessus du bas de la vue, soit 1/5 du format 4,5x6, en respectant parfaitement le parallélisme des verticales.

Remarque sur les limites du décentrement : le décentrement n'est possible que si le cercle de netteté de l'objectif est plus grand que le film à couvrir. Les objectifs usuels sont prévus pour couvrir juste le format nécessaire. En grand angle, cette contrainte est forte : on comprend intuitivement que l'objectif a été conçu en visant à élargir le plus possible le champ de vision et que les coins du format butent sur son maximum. Mais un objectif est conçu pour couvrir convenablement l'image à son ouverture maximum; or le cercle de netteté s'agrandit toujours en diaphragmant. Avec les grands angles, la Flexbody jouit d'une capacité de décentrement limitée, dans la petite frange permise par la fermeture du diaphragme à f16. En revanche, les plus longues focales couvrent assez facilement un angle plus large que la spécification minimum (ce qui permet d'adapter en 4,5x6 certains téléobjectifs 24x36mm). Le décentrement est donc plus généreux avec le 100 mm et au dessus.


 
  la bascule  

Pour tirer partie de la bascule arrière, il faut en assimiler les effets, qui répondent à la règle universelle de concordance des plans de netteté, dite de Scheimpflug.

Scheimflug

Plusieurs tutorials sur le Web expliquent le maniement des chambres grand format, dont le site TOYO USA qui présente les mouvements de base. L'opuscule sur les chambres grand format de Kodak (bon marché) donne également les informations de base.

Les manuels un peu complets en français sont rares; celui de Sinar est cher, le meilleur est canadien : La photographie en grand format de Pierre Groux, éditions Modulo ISBN 2-89113-5050-9. Propose des exercices.

La bascule est surtout utile en nature morte. A vrai dire, en extérieur, il faut presque construire un cas d'école pour en observer l'efficacité (prairie en fleurs et arrière plan nets).

Rodenstock propose une règle à calcul circulaire pour les chambres grand format. C'est peut être un peu excessif pour la Flexbody, mais bien utile pour choisir l'angle de bascule. Utiliser un dos Polaroïd pour juger les effets en temps réel.

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  résultats    
       
 

architecture

 

bâtiment de face - éviter la convergence des verticales
- 60 mm à f 22
- assise à 1,5 m au-dessus du sol
- visée horizontale ou mieux contre plongée de 2 ou 3 degrés
- décentrement vertical vers le haut de 12 mm
- mise au point réglée sur la façade du bâtiment

            60 mm CF sans décentrement           ----           décentré de 5 mm vers le haut           ----           décentré de 9 mm
Flexbody 60CF - non décentrée Flexbody 60CF - décentrement 5 mm Flexbody 60CF - décentrement 9 mm

Ces vues correspondent à la situation la plus favorable à l'exploitation de la Flexbody en architecture : bâtiment de face, focale de 60 mm, format 6x4,5, autorisant 6 ou 7 mm de plus en décentrement. Les 15 mm de mouvement maximum de la Flexbody sont alors totalement mobilisables.
Le sujet n'est pas critique, puisqu'il tient sans décentrement dans le format (avec toutefois une assez vilaine étendue de pavés au premier plan). On peut le décaler à loisir.
J'ai gardé une bonne réserve sous le pied en restant à 9 mm; en poussant à 15 mm j'aurais obtenu une vue caricaturale, avec la porte du milieu au ras du bord inférieur du cadre et la moitié de ciel bleu. En imaginant un bâtiment deux fois plus haut, il serait inscrit plein cadre.

Provisoire : Ne pouvant scanner le moyen format qu'avec une résolution médiocre, je ne présente pour l'instant que quelques prises de vue. J'espère améliorer par la suite ...


Dans tous les cas ouvrir le compendium plus large que requis normalement pour l'objectif utilisé. Par exemple sur 50 mm pour un 60 mm.
Par temps clair et avec du 50 ASA l'exposition est de l'ordre du 1/15 ème de seconde à f 22 sans filtre et la 1/2 seconde avec un polarisant. La stabilité du pied est essentielle.


 
  paysage  

paysage net du 1er plan à l'infini :
- au 50 mm à f 22
- assise à 1,2 m au dessus du sol
- plongée de 5 degrés
- décentrement vertical vers le bas de 6 mm
- bascule arrière de 5 degrés
- distance réglée à 2 mètres



  au studio  

La Flexbody a été conçue pour cet usage, plus particulièrement les photos de catalogues avec des chips électroniques de 4 cm de côté.

Je n'ai aucune expérience de ces prises de vue. J'ai tenté les deux vues ci-dessous pour illustrer les possibilités.

A courte distance le décentrement peut en principe être amplifié. La bascule arrière joue un rôle essentiel pour obtenir la netteté du sujet, dés que la face vue n'est pas perpendiculaire à l'axe de visée. Mais la combinaison bascule + décentrement est hasardeuse du point de vue du vignettage.

Dans tous les cas l'effet des réglages est difficile à apprécier dans le viseur.


            100 mm CF avec tirage + bascule + décentrement

Flexbody 60CF - bascule+décentrement+tirage


            60 mm CF avec bascule + décentrement

Flexbody 60CF - non décentrée

Un décentrement vers le bas est presque indispensable pour restituer un regard naturel sur les objets. Sans bascule arrière, il serait impossible en moyen format d'attraper une netteté d'ensemble. (mon scan à 600 dpi et l'allégement des fichiers pour l'Internet ne permettent pas de juger la netteté. Sans faire de trous dans la pellicule, elle est correcte - sur l'original on lit facilement les signes des touches de la calculette au premier plan à droite).


 
 

les limites

                  Eglise de la Madeleine   Flexbody - 60 mm CF à f 16 décentrement de 10 mm vers le haut.
Flexbody 60CF - la Madeleine

Cette vue de trois quarts pose un problème insoluble avec la Flexbody.

La convergence des verticales n'est pas totale mais est satisfaisante. La limite de décentrement imposait une légère contre-plongée pour laisser un espace suffisant au-dessus du fronton.

Le gros défaut est l'amplification excessive du bord gauche. La Flexbody ne permet pas de corriger les fuyantes, puisqu'elle ne possède pas les mouvements nécessaires : pivotement autour de l'axe vertical et décentrement horizontal.

Il en résulte un effet de rostre très désagréable, la photo est inutilisable, sauf dans un but pédagogique.

 

 

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mon avis global (en argentique)

 
  • bon compromis entre l'angle couvert et le décentrement possible, c'est le 60 mm qui convient le mieux en architecture, soit un 35 mm en 24x36.
  • l'absence de correction des fuyantes par bascule autour d'un axe vertical et décentrement latéral est plus handicapant que la limitation du décentrement vertical.
  • l'impossibilité d'utiliser le 4,5x6 en vertical est aussi un handicap.
  • la bascule est délicate à mettre en oeuvre, en raison de la difficulté à juger la netteté. Le compromis sur la mise au point est empirique. Comme pour tout équipement disposant de ce réglage, un apprentissage est nécessaire. Mais la bascule offre des possibilités intéressantes en paysage.
  • la rigidité est imparfaite. Espérons qu'elle ne se dégradera pas à l'usage.
  • quelques applications réussies : paysage net du 1er plan à l'infini,  bâtiment de face correctement traité. Ce n'est pas pour rien que le dépliant Hasselblad présente de tels exemples (au 60 mm pour le bâtiment).
  • les limitations les plus sérieuses : pas de décentrement en vrai grand angle (40 mm), vues de trois quarts impossibles à corriger.

 

  conclusion en architecture  

La Flexbody est un bricolage pas tout à fait en phase avec le reste de la gamme Hasselblad. Associée au 60 mm elle rendra pourtant des services en architecture. Elle se justifie donc en complément d'un système Hasselblad. Il serait incongru d'envisager son achat isolé.

Sans avoir essayé l'Arcbody, on peut conclure que l'absence de pivotement autour de l'axe vertical mais surtout de décentrement latéral et/ou diagonal sont des handicaps graves. Le catalogue de produits 2000 d'Hasselblad comporte page 26 trois exemples de vues d'architecture prises avec l'Arcbody. Deux d'entre elles portent sur un bâtiment de trois-quarts pris au 30 mm, avec et sans décentrement. Celle décentrée présente un effet de rostre suraigu, d'une agressivité renversante. Elle me semble un aveu de l'impossibilité de traiter correctement un tel sujet. En architecture, le seul avantage de l'Arcbody est un décentrement vertical généreux avec des grands angles, pour les vues de face. C'est un peu limite pour justifier un équipement de ce prix, qu'Hasselblad a depuis retiré de son catalogue.

       
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Dernière mise à jour : dimanche 11 mars 2001